Un partenariat enraciné dans les territoires
Le Directeur Général, M. Balufu Bakupa-Kanyinda, a expliqué que la présence du Grand Tambour au FESNAG visait à établir un partenariat culturel durable avec les chefs coutumiers et leurs représentants.
« Établir un partenariat, c’est créer le relais de ce qui se fait au Grand Tambour vers nos territoires. Le Festival de Gungu est l’espace indiqué pour rencontrer les chefs coutumiers et leurs communautés », a-t-il affirmé.
Dans ce cadre, le CCAPAC - Grand Tambour a lancé l’initiative de « La Table à Palabre », un espace permanent d’échange et de transmission. Inspirée de l’Arbre à Palabre, réservé aux chefs traditionnels, cette table symbolise à la fois le lieu de travail, de convivialité et de dialogue. Elle se veut un outil de médiation culturelle et de consolidation des valeurs patrimoniales.
M. Balufu Bakupa-Kanyinda a précisé également que ce partenariat, ouvert par la parole des coutumiers à Gungu, sera formalisé à Kinshasa. Il a insisté sur la mission du Grand Tambour : « Nous ne sommes pas un fonds financier, mais un fonds culturel, une école d’éducation à la culture. Notre rôle est de relier nos cultures à nos territoires. »
Tradition et modernité : une vision affirmée
Tradition et modernité : une vision affirmée
Au cours de l’entretien, M. Balufu Bakupa-Kanyinda a défendu une idée centrale : la tradition est la mère de la modernité.
« Il n’y a pas de modernité sans tradition. La culture est le socle de tout développement », a-t-il martelé devant les chefs coutumiers.
Il a souligné que chaque danse, chaque chanson, chaque expression artistique observée au FESNAG porte une leçon et une valeur éducative. Loin d’être un simple divertissement, ces pratiques constituent un enseignement profond, enraciné dans l’histoire et porteur d’avenir.
Le Directeur Général a dénoncé l’aliénation héritée de la colonisation, qui a relégué les savoirs traditionnels au rang de « folklore » ou de croyances dévalorisées. Il a plaidé pour une réhabilitation des ancêtres et des pratiques culturelles, considérées comme des ressources essentielles pour bâtir une modernité authentiquement africaine.
« Chaque identité culturelle de notre pays a des relais avec le présent et le futur. L’habitat, l’architecture, la cuisine, nos habits… tout cela doit être assumé comme patrimoine vivant. Nous devons sortir de nos contradictions et reconnaître que la tradition est le socle de la modernité », a-t-il conclu.
Une leçon de culture et de transmission
À travers cet entretien, le Grand Tambour réaffirme sa vocation : être un carrefour de culture, de dialogue et de transmission. Sa participation au FESNAG 2026 illustre une volonté de renforcer les liens entre institutions culturelles et autorités coutumières, afin de bâtir une modernité enracinée dans les valeurs patrimoniales.




