Les échanges ont couvert plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l'énergie, les infrastructures, le désenclavement, l'agriculture, l'agro-industrie, l'entrepreneuriat, le financement, l'éducation, la formation professionnelle, l'emploi des jeunes, ainsi que la culture et la cohésion sociale.

Au terme des travaux, un constat s'est imposé : le Grand Kasaï dispose d'importantes ressources humaines, naturelles et culturelles, mais leur valorisation reste insuffisante. Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de transformer ces atouts en initiatives concrètes capables de générer croissance, emplois et amélioration des conditions de vie des populations. Dans cette perspective, la question du suivi et de la mise en œuvre des recommandations a occupé une place centrale, alors que plusieurs projets structurants continuent d'accuser des retards dans leur réalisation.

Parmi les contributions remarquées figure celle du directeur général du CCAPAC-Grand Tambour, Balufu Bakupa-Kanyinda, qui participait aux assises à la tête d'une délégation de dix-sept personnes venue de Kinshasa. À travers une approche plaçant la culture au cœur du développement, il a souligné que la richesse culturelle du Grand Kasaï constitue un véritable levier économique et social, capable de contribuer directement à l'émergence des communautés et à la création d'opportunités pour les jeunes.

Dans son intervention, il a notamment proposé la mise en place d'antennes « Territoires » dans chacune des cinq provinces ainsi que la réalisation d'un Atlas culturel du Grand Kasaï, destiné à inventorier et valoriser le patrimoine matériel et immatériel de la région. Sa vision intègre également le tourisme, la formation, le numérique, les arts de la scène et le cinéma dans une politique culturelle ambitieuse susceptible de servir de modèle à l'échelle nationale.

Le directeur général du Grand Tambour a par ailleurs plaidé pour la structuration des savoir-faire locaux, notamment dans les domaines du textile de raphia, de la sculpture, de la musique, de la danse, de la littérature orale et de la gastronomie. Selon lui, ces richesses culturelles peuvent devenir de véritables filières économiques créatrices de revenus, à condition qu'elles bénéficient d'un accompagnement adapté en matière de formation, de financement et de protection de la propriété intellectuelle des communautés.

Au-delà des débats sectoriels, les assises ont également mis en évidence l'importance d'une coopération renforcée entre les cinq provinces afin de mieux coordonner les initiatives de développement et de favoriser une vision régionale commune. Les participants ont identifié plusieurs axes prioritaires et esquissé des pistes d'action destinées à accélérer la concrétisation des projets attendus par les populations.

Cette dynamique s'inscrit dans une ambition plus large : construire le Grand Kasaï de demain à l'horizon 2050 à travers une approche intégrée du développement, fondée sur la complémentarité des territoires, la valorisation des ressources locales et la mobilisation de toutes les forces vives de la région.

À l'heure du bilan, le défi principal demeure celui de l'exécution. Les recommandations formulées devront désormais se traduire en projets financés, suivis et évalués avec rigueur. Car le véritable succès de ces assises ne se mesurera pas à la qualité des constats dressés, mais à leur capacité à produire des résultats tangibles pour les populations. Le Grand Kasaï est ainsi appelé à franchir une étape décisive : passer des ressources aux réalisations, des ambitions aux investissements, et des engagements aux résultats.