Journaliste :M. Lucien Mukenge, bienvenu au Centre Culturel et Artistique pour les Pays d’Afrique Centrale - Grand Tambour. Pour ouvrir cet échange, pourriez-vous vous présenter à notre public et rappeler les grandes étapes de votre parcours ?

Lucien Mukenge : Merci beaucoup. Je suis Lucien MUKENGE GOIE MUSESE, Belge d’origine congolaise, âgé de 48 ans. Je suis licencié en fiscalité et exerce comme coordinateur financier à Bruxelles. En parallèle, je suis l’auteur du roman La tribu des Songye, une œuvre née d’un devoir de mémoire et de transmission.

Journaliste : Votre parcours littéraire est intimement lié à votre identité. Quelles expériences ont façonné votre plume et nourri votre démarche d’écriture ?

Lucien Mukenge : Tout a commencé en 2007, lors d’un retour au Congo après 25 ans d’absence. Avec mon frère, nous sommes venus à Kinshasa pour poser la pierre tombale de notre mère. Ce moment de deuil, empreint d’émotion, a été une révélation. J’ai entendu parler pour la première fois du peuple Songye et j’ai pris conscience de mes racines. De retour en Belgique, j’ai entrepris des recherches et, au fil des années, mes enfants m’ont interrogé sur leurs origines. J’ai compris que si je ne consignais pas cette mémoire, elle risquait de disparaître. Ce roman est donc né d’un devoir de transmission, pour mes enfants et pour tous ceux qui portent en eux une histoire invisibilisée.

Journaliste : La tribu des Songye est votre premier roman. Envisagez-vous d’autres ouvrages ?

Lucien Mukenge : Oui, c’est un premier tome. Je réfléchis à la possibilité d’écrire une suite, mais pour l’instant, il s’agit avant tout d’un projet de transmission.

Journaliste : Être reçu au CCAPAC - Grand Tambour représente-t-il une étape particulière dans votre parcours ?

Lucien Mukenge : Absolument. C’est un honneur d’être accueilli dans ce haut lieu de la culture. Présenter mon roman ici, c’est comme un atterrissage : je passe le relais au Grand Tambour pour qu’il diffuse cette œuvre auprès des lecteurs et valorise l’authenticité des créations congolaises.

Journaliste : Quels sont vos projets littéraires à venir et quel conseil donneriez-vous aux jeunes aspirants écrivains ?

Lucien Mukenge : Je ne me considère pas comme un écrivain, mais comme un auteur. Mon métier reste la fiscalité. Ce roman est une fresque historique et romanesque inspirée de faits réels, écrite pour transmettre. Je n’ai pas de conseils techniques à donner, mais j’encourage chacun à écrire pour préserver ce qui lui semble essentiel, surtout en matière d’identité et de mémoire.

Journaliste : Pourquoi avoir choisi de mettre en avant les Songye ?

Lucien Mukenge : Parce que je suis moi-même Songye. Ce n’est pas un choix littéraire, mais une évidence identitaire. J’invite chaque personne, quelle que soit son ethnie, à faire de même : à chanter, à créer, à inventer pour réaffirmer son identité.

Journaliste : Merci beaucoup, M. Lucien, pour cet échange inspirant.

Lucien Mukenge : Merci à vous, et merci au Centre Culturel - Grand Tambour pour cette belle opportunité.