Kinshasa, le 13 août 2026 – Le personnel du Centre Culturel et Artistique pour les Pays de l’Afrique Centrale, CCAPAC – Grand Tambour, informe l’opinion publique qu’une correspondance du Secrétariat général à la Culture, Arts et Patrimoine a été adressée à la Direction générale, lui demandant de procéder, sans délai, à l’installation des directeurs et agents désignés par les arrêtés ministériels nos CAB/MIN/YEM/COJU/DMM/0047/2025 du 7 juillet 2025 et CAB/MIN/YEM/COJU/DMM/0048/2025 du 10 juillet 2025.
La cérémonie a été fixée au vendredi 14 août 2026 à 10 heures, soit moins de quarante-huit heures après la notification de cette correspondance.
Le personnel du CCAPAC dénonce la précipitation et l’absence de concertation entourant cette opération, appelée à modifier immédiatement la chaîne de commandement, l’organisation des services et les responsabilités exercées au sein du Centre.
Nous réaffirmons notre respect de l’autorité de tutelle et notre attachement au dialogue institutionnel. Nous soulignons cependant la nécessité d’une vérification administrative préalable afin de garantir la sécurité juridique, la continuité du service et la protection des droits de toutes les personnes concernées.
Le CCAPAC rappelle avoir transmis, dès le 18 juin 2025, une liste de 221 cadres et agents effectivement en exercice, conformément aux orientations du Comité de pilotage. Le Centre a également travaillé avec le Cabinet de Son Excellence Madame la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine sur le projet de cadre organique.
En outre, sur instruction de Son Excellence Madame la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement, Son Excellence Madame la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine a engagé la réforme du décret fondateur du CCAPAC afin de mieux l’adapter aux missions, aux ambitions et au cadre organique du Centre.
Cette réforme institutionnelle en cours renforce la nécessité de privilégier la prudence, la concertation et la vérification préalable.

UNE INJUSTICE ADMINISTRATIVE ET SALARIALE QUI APPELLE UNE VÉRIFICATION URGENTE
Le personnel du CCAPAC relève une contradiction particulièrement préoccupante : le Cabinet de Son Excellence Madame la Ministre de la Culture, Arts et Patrimoine a demandé au ministère du Budget de suspendre le processus de prise en charge et de paiement des agents qui travaillent effectivement au Centre, alors que ceux-ci, depuis janvier 2025, n’ont encore bénéficié d’aucune prise en charge salariale par le Gouvernement.
Ces femmes et ces hommes assurent pourtant, depuis l’ouverture du Centre, la continuité quotidienne de ses activités administratives, techniques, artistiques et culturelles.
Dans le même temps, il a été demandé d’inscrire sur les listes de paie des personnes dont le travail effectif au CCAPAC n’est pas établi et qui, selon les informations administratives disponibles, n’y auraient jamais exercé, ne fût-ce qu’un seul jour. Certaines d’entre elles seraient, par ailleurs, déjà fonctionnaires en service dans d’autres institutions publiques.
Ces situations doivent être vérifiées individuellement et contradictoirement à partir des matricules, des actes d’affectation, des services d’origine, des prises de service, des registres de présence et des situations salariales.
Le personnel du CCAPAC dénonce une démarche qui, si elle était exécutée sans contrôle préalable, risquerait de pénaliser les agents réellement présents au profit de situations administratives insuffisamment établies.
Une telle opération soulèverait de graves questions d’équité, de protection des droits des travailleurs et de préservation des deniers publics.
Nous demandons, en conséquence, qu’aucune inscription, suspension ou modification des listes de paie ne produise d’effet avant l’achèvement d’une vérification conjointe avec la tutelle, le ministère du Budget et, en tant que de besoin, les services compétents de la Fonction publique.

DEMANDE DE REPORT ET DE CONCERTATION
Le personnel du CCAPAC demande le report de la cérémonie d’installation prévue le vendredi 14 août 2026, afin de permettre :

— la vérification contradictoire des arrêtés et des situations individuelles ;
— la clarification des rattachements administratifs ;
— l’harmonisation des affectations avec le cadre organique du Centre ;
— la vérification préalable de toute inscription, suspension ou modification des listes de paie ;
— la protection des droits des agents effectivement en service ;
— la préservation de la continuité du service et des deniers publics.

Nous demandons également la tenue urgente d’une réunion de concertation entre la tutelle, le Secrétariat général et le CCAPAC, avec la participation des services compétents du ministère du Budget et de la Fonction publique.

FERME OPPOSITION À TOUTE INSTALLATION SANS VÉRIFICATION PRÉALABLE
Si, malgré cette demande de report, les représentants de la tutelle se présentent au Centre, ils seront accueillis dans le respect dû à leur qualité et sans qu’aucun incident soit suscité.
Le personnel du CCAPAC exprimera néanmoins sa ferme opposition à toute installation effectuée avant la vérification contradictoire des arrêtés, des situations individuelles, des rattachements administratifs et des listes de paie.
Un procès-verbal circonstancié devra consigner le déroulement de la mission ainsi que les réserves expresses du personnel. L’accueil institutionnel des représentants de la tutelle ne pourra être interprété comme une approbation des installations envisagées ni comme une renonciation aux demandes de vérification et de régularisation.
Nous, membres du personnel du CCAPAC – Grand Tambour, demeurons attachés au dialogue institutionnel, à la légalité, à la justice administrative et à la défense de notre mission culturelle.
Nous demandons que toute décision engageant notre avenir soit prise dans le respect des compétences de chaque autorité, de l’autonomie administrative du CCAPAC, des droits des agents effectivement en service et de l’intérêt supérieur de l’État.

Fait à Kinshasa, le 13 août 2026
Le personnel du CCAPAC – Grand Tambour
Le Chargé des Médias
TSHAMALA DINANGA Rémy-Césaire
+243 890809722